Sexualités

La sexualité et le sexe sont deux mots qu’on entend souvent, mais qui ont différentes significations.

La sexualité et le sexe sont deux mots qu’on entend souvent, mais qui ont différentes significations.

Parler de sexualité, c’est parler de biologie, d’hormones, d’organes sexuels mais aussi d’émotions, de relations interpersonnelles. C’est parler de ce qui nous excite, nous fait rougir, fléchir, gémir et qui nous donne des frissons. C’est penser à ceux ou celles qui nous excitent, nous émeuvent, avec qui on aimerait être intime ou avec qui on négocie nos activités érotiques, dans leurs diversités. Parler de sexualité, c’est aussi aborder l’identité de genre, l’image corporelle, la façon  dont nous ou nos corps sont perçus par les autres. C’est parler de parentalité, d’enfants, de contraception, d’avortement et de santé sexuelle.

Il n’y a pas de modèle unique de sexualité. Il n’y a pas non plus une seule façon d’en parler, alors quand on parle de sexualité à la FQPN, on met un S à la fin, pour célébrer les diversités de corps, de genre, d’orientation, de pratiques, de configurations amoureuses et relationnelles…On en parle aussi dans une perspective de justice sociale, en tachant de prodiguer une éducation sexuelle positive, inclusive et émancipatrice. Et ce, afin de nous outiller pour prendre les bonnes décisions et apprécier nos sexualités physiquement, émotionnellement, individuellement et en relation. De l’anatomie au consentement en passant par l’orientation sexuelle, on essaie d’aborder le plus de sujets possibles, mais la tâche est infinie!


Anatomie sexuelle

Un cours d’anatomie sexuelle? Avec plaisir!

De manière générale, quand on pense à l’anatomie sexuelle, on pense aux organes sexuels et reproductifs (pénis, vulve, utérus, etc.). Bien que ces éléments soient importants, ils en disent peu par rapport au plaisir et aux désirs. Pourtant, ces éléments sont des aspects clé d’une sexualité positive et émancipatrice et de relations saines et épanouissantes.

Dans cette section, on parlera des outils de prédilections du en débutant avec ces parties que tout le monde a en commun pour ensuite décrire l’anatomie sexuelle propre à chaque sexe (mâle/femelle). Ne vous en faites pas, vous vous y retrouverez!

Nos corps sont magnifiques et complexes et aucune partie de ces merveilles n’est liée à l’orientation sexuelle. On devrait toujours être seulement libre d’explorer ce qu’on a envie d’explorer, le sexe anal en est un exemple. Si on a envie de s’aventurer dans cette direction, on doit laisser tomber nos idées homophobes ou la honte liée à nos fesses. Ces idées peuvent avoir une influence négative sur notre sexualité ou influencer négativement l’image corporelle de nos/notre partenaire-s.

Il en va de même pour l’apparence de nos organes génitaux. Celle-ci peut être une grande source d’anxiété surtout lorsqu’on a en tête l’envie de satisfaire un-e partenaire sexuel-le. Pourtant, la capacité qu’on a d’avoir des relations sexuelles saines et épanouissantes est liée à un ensemble de facteurs dont l’attraction, la confiance en soi, la capacité d’écoute de l’autre et de ses besoins et envies…Des compétences à développer, quelle que soit notre anatomie.

L’organe principal du plaisir est le cerveau. Il est responsable de nos émotions, de nos sens et de nos souvenirs. Il gère le système nerveux et les afflux d’hormones associées au plaisir. Le cerveau de chaque personne régit ces fonctions différemment. Si on ne peut pas sentir certaines parties de notre corps dû à une forme ou une autre de paralysie, ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas ressentir de plaisir. Tout ça pour dire que sans notre cerveau, on ne pourrait pas faire la différence entre douleur et plaisir, même si quelqu’un nous touchait à notre endroit préféré.

La stimulation sexuelle la plus parfaite et intense n’aura aucun effet si notre cerveau est branché sur le canal « est-ce que j’ai bien sorti les poubelles? ». Pensons à tous les messages qui nous ont été transmis dans notre vie par rapport à la sexualité et nos corps, à nos peurs, nos fantasmes, à nos expériences précédentes, etc. Tout ça influence notre sexualité et ce, avant même quelque stimulation sensorielle que ce soit.

 Les zones érogènes sont ces parties du corps sensibles aux caresses. Les mamelons, le creux du cou, le lobe de l’oreille en sont quelques exemples. Les zones érogènes sont propres à chacun-e. On s’entend pour dire qu’un baiser sur le mamelon pour l’un-e peut rimer avec excitation alors que pour l’autre cette stimulation chatouille ou est tout simplement désagréable. Encore une fois, certaines sensations, souvenirs et situations peuvent déterminer la réaction qu’on peut avoir face à cette stimulation. Ainsi, une zone érogène n’est pas toujours associée au plaisir.

Avez-vous identifié vos zones érogènes ? Et celles de votre/vos partenaire-s sexuel-le-s ? Caresser et explorer son corps en entier, soit avec un-e partenaire sexuel-le, avec soi-même ou avec l’aide de jouets sexuels (vibrateurs, dildos, etc.) est un excellent moyen d’identifier ses zones érogènes, de découvrir ce qu’on aime et le type de stimulation qui fait réagir notre corps agréablement. Qui sait, plusieurs trésors se trouvent peut-être sur la route…

Tout le monde a un anus!

L’anus est l’orifice externe du canal anal. Il contient beaucoup de terminaisons nerveuses, ce qui en fait une zone érogène pour certaines personnes. Tout comme le vagin, ses terminaisons nerveuses se concentrent autour de son ouverture et son entrée. Au contraire, du vagin, l’anus ne se lubrifie pas naturellement. La région de l’anus peut être une zone érogène pour tout le monde, quel que soit notre genre ou notre orientation sexuelle.

Les muscles du plancher pelvien ont un rôle à jouer dans les sensations que nous ressentons au niveau de nos organes génitaux. Ils se trouvent dans la région du périnée et s’étendent de votre os pubien à l’avant jusqu’à votre colonne vertébrale à l’arrière. Ce sont ces muscles que l’on utilise pour retenir notre urine pendant la miction et ce sont également ces muscles qui se contractent pendant l‘orgasme. Certaines personnes parviennent même à l’orgasme en contractant ces muscles de façon répétée!

Le pénis et le clitoris présente une structure similaire. Cette similitude remonte à la formation des embryons mâles et femelles qui, jusqu’à la neuvième semaine, ont des organes génitaux externes indifférenciés. Ici, on va s’attarder au gland et au prépuce, deux éléments qui sont communs aux deux organes génitaux.

Le gland se compose de peau, de muqueuse, de nerfs, de vaisseaux sanguins et de fibres musculaires. Il se compose également de tissu érectile, c’est-à-dire qui se raidit et augmente en volume lors de l’érection. Quand on est excité-e, le gland se remplit de sang et devient généralement plus volumineux, c’est ce qu’on appelle une érection.

Il est l’extrémité sensible du pénis et du clitoris. Il possède des milliers de terminaisons nerveuses. C’est ce qui en fait une zone érogène de prédilection pour beaucoup d’entre nous. Avec l’érection, le prépuce se rétracte pour exposer le gland. La taille du gland et du prépuce varient d’une personne à l’autre. Un clitoris mince court peut avoir un long prépuce charnu, un long clitoris épais peut avoir un prépuce mince et court. Il en va de même pour les sensations.

Sur le gland, on trouve le prépuce, un lambeau de peau mobile, rattaché au gland par une membrane, le frein. Le gland est constamment lubrifié par celui-ci. Cette lubrification permet au prépuce de glisser sur la surface du gland. Le prépuce recouvre et protège le gland contre les infections et maintient un environnement stérile.

Une érection survient lorsque certaines parties de votre corps se gorgent de sang. On a tendance à croire qu’elle est la chasse gardée du pénis, mais on constatera que le clitoris et les mamelons peuvent aussi être en érection!

En fait, le mécanisme est le même. Tout d’abord, les deux sont faits de tissus érectiles. Le clitoris et la verge sont composés de corps caverneux et spongieux qui se remplissent de sang à la suite d’une stimulation sexuelle. Ce qui se traduit par une érection. L’érection est contrôlée par notre système nerveux qui est également responsable de la digestion et de la relaxation. C’est pourquoi c’est plus facile d’avoir une érection quand on se sent confortable et à l’aise. L’anxiété et le trop plein d’excitation peuvent empêcher l’érection.

Si le mécanisme d’érection du clitoris est identique à celui du pénis, il est cependant plus discret étant donné sa taille. Les glandes vestibulaires, les petites lèvres et le corps spongieux situé dans l’urètre gonflent également lors de l’érection du clitoris.

La dernière érection est celle des mamelons! Celle-ci n’est pas due à un afflux de sang dans un corps caverneux, mais à la contraction de petites fibres musculaires qui se trouve sous la peau du mamelon. Cette érection est provoquée par le froid, le toucher, l’excitation et la succion du nouveau-né. Certaines personnes sont capables de jouir par la seule stimulation de leurs mamelons!

Qui dit érection, dit éjaculation? En fait, ce n’est pas si simple que ça. Il y a deux types d’éjaculation :

  • L’éjaculation du sperme et de liquide séminal par le pénis au moment ou à l’approche de l’orgasme. Elle peut également survenir pendant la nuit ou sans qu’il y ait d’orgasme! En général, le pénis perd son érection après l’éjaculation;
  • L’éjaculation du fluide sécrété par les glandes de Skene, des glandes diffuses situées tout le long de l’urètre Au moment de l’orgasme, ces glandes ont pour fonction de sécréter un liquide, translucide comme de l’eau, par deux petits orifices situés près du méat urinaire. C’est ce qu’on appelle l’éjaculation féminine. Ce type d’éjaculation n’a rien à voir avec la reproduction ou la miction de l’urine et elle peut se produire sans qu’il y ait eu d’orgasme! Ce type d’éjaculation a souvent été associé à la stimulation simultanée du point G et de la partie externe du clitoris (nous y reviendrons).

De manière générale, si vous avez une vulve, vous avez un clitoris. Pour les personnes dont la partie externe du clitoris a été excisée ou blessée, la partie interne demeure toujours.

On pense communément que le clitoris ne correspond qu’au petit organe situé sous la petite peau (prépuce du clitoris) formée là ou se rejoignent les petites lèvres. En réalité, ce petit organe, appelé gland du clitoris, ne correspond qu’à la partie visible du clitoris. Le clitoris c’est un peu comme un iceberg, on n’en voit qu’une partie infime. Il comporte  de longues ramifications qui entourent le vagin et l’urètre. C’est donc à la fois un organe interne et externe.

Il contient plus de 8000 terminaisons nerveuses qui interagissent avec plus de 15000 autres terminaisons nerveuses qui se trouvent dans la région du périnée. Ce n’est donc pas surprenant que ce soit le seul organe de notre corps dont l’unique fonction est de procurer du plaisir !

Le point G ou, point de Gräfenberg désigne une zone du vagin extrêmement érogène. Il est de la taille d’un 25¢ et a une texture rugueuse. Cette zone, lorsqu’elle est stimulée, est considérée comme étant le point optimal pour faire bouger toute la structure du clitoris et procurer un plaisir profond.  Il fait partie de la structure interne du clitoris. On peut sentir son point G en insérant un ou deux doigts à l’intérieur du vagin et toucher la paroi ventrale du vagin (sous le nombril), à environ 3 cm de l’ouverture.

L’éponge urétrale fait aussi partie de la structure du clitoris. Elle est composée de tissus érectiles et de glandes qui sécrètent un fluide similaire à celui produit par la prostate. Elle a été associée à l’éjaculation féminine. Ce type d’éjaculation, contrairement à l’éjaculation masculine, n’a rien à voir avec la reproduction ou la miction de l’urine. Elle peut se produire sans qu’il y ait eu d’orgasme! Ce type d’éjaculation a souvent été associé à la stimulation simultanée du point G et de la partie externe du clitoris.

Un documentaire pour en savoir plus sur le point G Consulter la vidéo

Ce qu’il faut savoir à propos du point G, c’est que sa stimulation ne produit pas les mêmes résultats pour tout le monde. Ce n’est pas un bouton magique…tout comme le vagin n’est pas un bouton magique, ou le prépuce, le pénis ou l’anus.

La partie externe du sexe des personnes femelle s’appelle la vulve, et non pas le vagin comme on a tendance le à croire. Elle est constituée des lèvres (les petites et les grandes), du clitoris, de l’entrée du vagin (d’où s’écoulent les règles et les sécrétions vaginales) et du méat urétral (d’où sort l’urine). Elle est recouverte de poils qui la protègent de la friction, des bactéries et qui préservent son humidité.

Elle est riche en terminaisons nerveuses et la stimulation d’une ou de toutes ces parties peut procurer un certain plaisir. Comme toutes les parties de notre corps, la vulve vient en toutes sortes de formes, couleurs, textures et tailles.

Great Wall Vagina PanelsConsulter le site web

Pour voir la diversité qui existe en termes de vulves, consultez le projet artistique « le grand mur des vagins »

Le vagin est un organe interne, élastique et recourbé dont l’ouverture se trouve à l’extérieur du corps et se termine au col de l’utérus. 90% des terminaisons nerveuses se trouvent dans le premier tiers du vagin à partir de son ouverture. C’est la raison pour laquelle la plupart des gens ne ressentent pas la /présence d’un tampon.

La plupart des personnes avec un vagin n’atteignent pas l’orgasme par pénétration vaginale seulement. Une pénétration vaginale, qu’elle soit fait par un ou des doigts, des objets sexuels ou un pénis, exerce une pression considérable sur les organes qu’on vient de mentionner (clitoris, parois du rectum et de l’anus, point G, le périnée, le cerveau, etc.) plus haut. Plus souvent qu’autrement, l’excitation sexuelle et l’orgasme sont le résultat d’une stimulation de plusieurs de ces éléments à la fois.

 La partie externe du pénis se nomme la verge. L’extrémité se nomme le gland et la crête autour du gland est la couronne. Ce sont les parties les plus sensibles du pénis. Sur le gland, il y a le méat urétral (aussi méat urinaire), par où l’urine et le sperme sont évacués. Une grande partie du pénis est interne. Le pénis contient du tissu érectile qui se gorge de sang lors de l’érection.

Toutes les parties du pénis peuvent être stimulées et potentiellement engendrer du plaisir. Il y a environ 4000 terminaisons nerveuses dans le pénis (excluant le prépuce), ce qui en fait une zone particulièrement érogène. Ce n’est pas parce que quelqu’un aime un certain type de stimulation, qu’il en est de même pour tout le monde.

Situé près de la racine du pénis, la prostate est une source de plaisir sexuel pour plusieurs bien qu’elle soit grosse comme une noix de Grenoble. Reliée au nerf pelvien, son massage est ressenti comme un massage interne pouvant donner des orgasmes profonds. On peut masser directement la prostate en insérant un doigt dans l’anus vers l’avant ou indirectement en massant les testicules ou le périnée.

Désir

Le sexe peut être émotionnellement et physiquement satisfaisant, amusant et épanouissant. Mais le sexe sans désir, c’est un peu comme manger sans avoir faim. Le désir est à la base d’une vie sexuelle stimulante et épanouissante.

Le mot désir est la plupart du temps absent des formations en éducation sexuelle. On parle des risques et dangers de la sexualité (grossesses non planifiées, ITSS, agressions…) mais rarement de la petite étincelle qui déclenche le tout. 

Le désir, simplement dit, c’est avoir un intérêt ou être excité-e à propos d’une activité sexuelle ou érotique particulière, en solo ou avec un-e partenaire.

Le désir -ou le manque de-  est fondamental dans nos vies affectives, relationnelles et sexuelles. Le désir est souvent comparé à la faim : c’est un sentiment à la fois physique et émotionnel. Il peut nous rendre fébriles, inattentif-ives, un peu obsessifs-ves. Il fait chatouiller la peau, fléchir les genoux et donne des papillons dans le ventre. Parfois, il nous prend par surprise. C’est le coup de foudre. Parfois il se bâtit lentement au fil de notre relation avec une autre personne. Il peut parfois être surprenant, c’est-à-dire nous porter vers des personnes, des situations, des objets qu’on n’aurait pas imaginé. Les personnes qui ont un fétiche peuvent être excitées à la vue de certains objets- exemple : les chaussures à talons rouges – ou désirer certaines situations – exemple : avoir une activité sexuelle devant d’autres personnes. Parfois, ces désirs ne sont pas explicitement sexuels, ils peuvent être érotiques, émotionnels ou autre. Dans tous les cas, ils peuvent être réalisés – ou seulement rester à l’étape du fantasme.

Nos désirs nous appartiennent, mais ils sont tout de même influencés par notre environnement social et notre rapport au monde. Un bon exemple de cela est la représentation du corps des femmes et son évolution à travers les âges. Il y a 150 ans, une femme désirable en Occident était blanche, grasse, avec une peau très pâle. Aujourd’hui elle est blanche, maigre et bronzée. Notre entourage, les médias mais aussi les divers systèmes d’oppression tels que le racisme, le patriarcat, l’hétérosexisme, etc. influencent notre désir ou ne reconnaissent pas que nous sommes capables d’en éprouver. 

Vous êtes-vous déjà demandé-e pourquoi vous étiez attiré-e par un certain type de personne et pas par un autre?

Ainsi, la société tend souvent à considérer que les jeunes, les personnes âgées ou celles en situation de handicap par exemple sont des êtres sans désir ou que toute sexualité de leur part est dérangeante ou déviante. Ces préjugés renvoient souvent à des représentations négatives et stéréotypées de leur corps par les autres. De plus, certains stéréotypes véhiculés par la société empoisonnent nos vies sexuelles. Croire que les jeunes hommes sont des machines sexuelles qui ne peuvent contrôler leurs désirs contribue à la culture du viol et à la marginalisation des personnes LGBTQIA2S+ qui ne correspondent pas à ces standards.

Prenons la pornographie « mainstream » comme exemple. C’est un sujet complexe et qui suscite souvent beaucoup de jugements de valeurs négatifs. Pourtant, la majeure partie de la population en consomme, d’autant qu’il est rendu très facile d’y accéder aujourd’hui par Internet. Mais la pornographie qu’on trouve facilement et gratuitement sur les plates formes numériques présente une version de la sexualité qui est stéréotypée ou éloignée de la réalité. Elle montre une version idéalisée de fantasmes normés et non pas ce qui arrive dans la vraie vie quand on baisse nos culottes en compagnie d’autrui. La pornographie, c’est de la fiction! Les acteurs/actrices sont réel-les mais leurs performances sont jouées, montées, arrangées. Il est rare de voir un dialogue autour du  consentement ou du sécurisexe dans un film porno (en fait, il y a même rarement de dialogue!). Pourtant, les acteurs et actrices aussi négocient leurs limites et leurs scènes avant le tournage. Si on se compare aux modèles de corps et de pratiques sexuelles présentés dans la pornographie, on peut se sentir inadéquat-e ou anormal-e:  parce que ne peut pas avoir 6 orgasmes de suite ou parce que notre corps n’est pas musclé, bronzé, non-handicapé, etc. Mais il faut se rappeller que la porno est une fiction. La grande majorité des personnes qui ont un pénis éjaculent au cours des trois ou quatre premières minutes de pénétration… Et c’est correct aussi! Parce que peu de personnes aiment se faire pénétrer pendant 45 minutes! En réalité, il n’y a pas de normalité, la sexualité est propre à chacun-e en fonction de ses goûts, de ses désirs, de ses envies, de ses possibilités. Mais elle devrait toujours exister dans le respect des personnes concernées!

Les circonstances, la personnalité, les attitudes, la situation et les corps peuvent donner une couleur différente au désir, mais une chose est certaine, le désir peut être ressenti par tout le monde! Ce qui ne veut pas dire que tout le monde éprouve du désir et/ou qu’on l’éprouve à tout moment.

Le désir est le moteur de notre sexualité, c’est lui qui nous pousse à rechercher le plaisir- émotionnel, sensuel, sexuel. Selon les périodes de notre vie cependant, le désir  fluctue, et c’est normal. On peut ne pas avoir le même désir dans les premières semaines d’une rencontre qu’après 30 ans de vie commune. Une grossesse, une peine de cœur, un deuil, la prise de certains médicaments peuvent affecter notre désir. Mais aussi une mauvaise communication avec notre-nos partenaires, des expériences traumatisantes, la précarité sociale et économique…Le désir est complexe et intimement lié à notre bien-être et à nos conditions de vie. S’écouter, se respecter, prendre soin de soi, de son corps, de sa ou de ses relations est le meilleur remède aux pannes du désir.

Et il ne faut pas confondre panne de désir et asexualité, qui est une orientation sexuelle à part entière, bien que méconnue. Les personnes asexuelles n’éprouvent pas de désir sexuel et sont très à l’aise avec ça. Et cela ne les empêche pas de lier des relations romantiques avec un-e ou des partenaires.

Pour en savoir plus sur l’asexualité, cliquez ici.

Bien qu’on ne puisse pas contrôler nos désirs, on peut très bien contrôler si et comment on agira en fonction de ceux-ci. Quoi qu’il en soit, les désirs sont des sentiments, parfois intenses et envahissants, mais tout de même des sentiments. On peut penser qu’ils sont insurmontables et qu’on ne peut pas les contrôler, mais c’est faux… Avoir une sexualité positive c’est  savoir reconnaître ses désirs, fantasmes, envies, craintes et sentiments et pouvoir bien les communiquer et les ré-évaluer. Et ce n’est en aucun cas associé avec la « performance » sexuelle ou avec le fait que ces désirs soient bons ou mauvais. 


La sexualité et la loi

Age du consentement

Au Canada, l’âge du consentement sexuel est établi à 16 ans. Cela signifie qu’à partir de cet âge là on est considéré comme étant en mesure de consentir à une activité sexuelle. Si on est plus jeune, soit 12 ou 13 ans, il peut y avoir un maximum de deux ans différence entre les deux partenaires. Si le ou la plus jeune partenaire a 14 ou 15 ans, il peut y avoir un maximum de cinq ans de différence entre les deux partenaires. Cela ne signifie qu’une plainte pourrait être posée envers la personne qui est la plus âgée.

Si on a moins de 18 ans, on ne peut pas non plus consentir à une relation sexuelle avec un-e adulte en situation d’autorité ou de confiance (enseignant-e, patron-n e, entraîneur-e sportif, animateur-trice de camp de vacances, etc.).

On ne peut pas non plus donner son consentement si on est forcé, menacé, ou si on a peur. Ou si on est sous les effets de la drogue, de l’alcool ou si on est inconscient-e.

Et on peut retirer son consentement à tout moment!!!

Pour plus d’informations sur le consentement du point de vue légal, cliquez ici.

** Contenu sensible : La section qui suit contient des informations sur les agressions sexuelles **

Les agressions sexuelles

Si on n’a pas consenti à une activité sexuelle/sensuelle, si elle nous est imposée ou extorquée par l’agressivité, la menace, le chantage, la violence physique ou psychologique, la manipulation ou l’intimidation, il s’agit d’une agression sexuelle. « Une agression sexuelle est un geste à caractère sexuel, avec ou sans contact physique (verbal), commis par un individu sans le consentement de la personne visée ». Cela peut être une « main baladeuse » dans le transport en commun, de la cyber-intimidation (menaces de viol), être forcé-e à regarder du matériel pornographique, un viol par une personne de son entourage (collègue de classe, ami-e de la famille etc.). Le stéréotype de l’agresseur-e inconnu dans une ruelle sombre reflète bien peu la réalité de l’agression sexuelle. « Plus de 80% des victimes connaissent leur agresseur-e. Qu’il s’agisse d’une connaissance, d’un-e ami-e ou d’un-e membre de la famille, il/elle profite, en général, de sa relation de confiance ou de sa position d’autorité pour agresser sexuellement. Les agresseur-e-s peuvent aussi être des professionnel-le-s comme par exemple : un-e thérapeute, un-e médecin, un-e psychiatre, un-e policier-e, un-e entraineur-e, un-e professeur-e. »

La culture du viol décrit un environnement social et médiatique dans lequel les violences sexuelles trouvent des justifications, des excuses et sont simplement banalisées, voire acceptées. C’est un environnement qui favorise l’émergence de certains mythes qui ridiculisent et blâment les personnes qui ont survécu à des agressions sexuelles (et surtout, justifient l’agression).

Voici quelques exemples de ces mythes, qu’on a tous et toutes déjà entendus:

  • Seulement un certain type de personnes peuvent se faire agresser sexuellement (ex : travailleuses du sexe ou les femmes minces et féminines)
  • Certains comportement attirent et justifient les agressions sexuelles (sortir la nuit et porter une jupe courte par exemple);
  • Lorsqu’une personne dit non, en réalité elle veut dire oui
  • Les personnes qui se font violer éprouvent un désir inconscient d’être violées
  • Les femmes tendent à exagérer les impacts et les conséquences de l’agression sexuelle et les plaintes qui s’en suivent sont généralement non-fondées

L’expression « culture du viol », désigne une société ou une culture dans laquelle la violence sexuelle est considérée comme la norme – une société où l’on ne dit pas aux gens de ne pas violer, mais plutôt de ne pas se faire agresser.’’ Tiré de l’article  La culture du viol, c’est quoi?

En savoir plus sur la culture du viol:

C’est à la personne qui  l’a vécu de déterminer si elle a subi une agression sexuelle et non pas aux personnes qui en sont témoins ou aux agent-e-s de la loi. Les agressions sexuelles s’accompagnent souvent d’une perte de contrôle, c’est pourquoi il est essentiel que les victimes et survi